Heliosand s’est donnée pour mission de réduire l’empreinte carbone des industries lourdes en utilisant l’énergie solaire à concentration. Cette startup fait partie de la sélection « 100 startups à investir en 2023 » de Challenges.
Fournir de l’énergie solaire pour décarboniser l’industrie lourde n’a rien de révolutionnaire. Cependant, Heliosand a adopté une approche innovante et peu technologique. La jeune entreprise, fondée à Lyon en 2019 par le physicien Rafik Kheffache (40 ans, Université Paris 7), l’urbaniste Cécile Toussaint (36 ans, Université Paul Valéry de Montpellier), et l’ingénieur Geoffrey Marino (30 ans, Arts et Métiers), propose un appareil mobile équipé d’une loupe capable de chauffer un matériau jusqu’à 2000 degrés Celsius, soit de « faire bouillir la roche », comme l’explique Rafik Kheffache. Grâce à la chaleur solaire, la startup peut « transformer le sable en billes de verre et obtenir une granulation suffisante pour fabriquer du béton » – un processus particulièrement adapté aux environnements désertiques.
Par ailleurs, Heliosand est en train de créer une filiale avec un fonds souverain de Dubaï. Les premiers essais avec les premiers modèles opérationnels, produits dans l’atelier de l’entreprise à Saint-Marcellin (Isère), sont prévus en Mauritanie au mois de mai, puis aux Etats-Unis et en Norvège au cours de l’été. En France, le procédé a suscité l’intérêt de Vinci. Des collaborations sont également lancées avec le cimentier Vicat et EDF. Le four solaire d’Heliosand sera également utilisé pour traiter les sédiments et les boues, déchets des centrales électriques, afin de les transformer en matériau de béton.
Avec ces avant-projets, Heliosand a enregistré un chiffre d’affaires de 15 000 euros. Une première levée de fonds de 400 000 euros permet aujourd’hui à l’entreprise de passer à l’industrialisation de son procédé, avec la construction de machines plus grandes, dotées de lentilles de 10 mètres de diamètre (contre 2 mètres actuellement). Heliosand avait déjà commencé à déployer ses machines dans le désert du Hedjaz (Arabie Saoudite) pour des travaux de construction liés à la ville futuriste de Neom.
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